Naturalisation par mariage à l'étranger : consulat, délai de 5 ans et registre des Français
Par Thomas Lemaire et Mélannie Brunnet, relu par Victore Delsimplet Mis à jour le 18 min de lecture
Sommaire
Naturalisation par mariage à l’étranger : vous vivez à New York, à Casablanca, à Dakar ou à Hanoï avec votre conjoint français, et vous vous demandez si vous devez d’abord vous installer en France pour devenir français. La réponse est non. La loi prévoit une procédure au consulat, avec ses propres règles de durée, ses pièces et son entretien. Ce guide s’appuie sur la fiche officielle de service-public.gouv.fr et sur les notices des consulats de France publiées en 2026, notamment celle de Washington mise à jour le 21 mars 2026. Il complète le guide complet de la nationalité française par mariage.
Un mot de vocabulaire. On parle couramment de « naturalisation par mariage », mais le terme juridique est « déclaration de nationalité française à raison du mariage », prévue par l’article 21-2 du Code civil. C’est cette nature de déclaration qui rend la démarche possible depuis l’étranger. La naturalisation par décret, elle, exige en principe de résider en France.
Ce qui a changé en 2026 s’applique aussi hors de France. Depuis le 1er janvier 2026, le niveau de français exigé est le B2 à l’oral et à l’écrit, et les consulats l’appliquent comme les préfectures. Depuis le 1er mai 2026, les droits de chancellerie payés au consulat sont passés de 55 à 255 euros. L’examen civique, lui, ne concerne pas la déclaration par mariage, ni en France ni à l’étranger.
Réponse directe : oui, vous pouvez déclarer la nationalité française par mariage depuis l’étranger, auprès du consulat ou de l’ambassade de votre lieu de résidence. La durée de mariage exigée est de 5 ans, ramenée à 4 ans si votre conjoint français était inscrit au registre des Français établis hors de France pendant votre vie commune à l’étranger. Le mariage célébré à l’étranger doit avoir été transcrit sur les registres français.
1. Oui, c’est possible : la règle depuis l’étranger
La naturalisation par mariage à l’étranger est la déclaration de nationalité de l’article 21-2 du Code civil souscrite par le conjoint étranger d’un Français qui vit hors de France, auprès de l’autorité consulaire française de son lieu de résidence.
L’article 21-2 n’impose aucune résidence en France. Il prévoit même la situation du couple installé à l’étranger, en liant la durée de mariage à l’inscription du conjoint au registre consulaire. Le décret 93-1362 en tire les conséquences : à l’étranger, les vérifications et l’entretien sont menés « par les services diplomatiques ou consulaires » (article 15). La fiche F2726 de service-public.gouv.fr comporte d’ailleurs un parcours dédié, « Vous vivez à l’étranger », qui renvoie vers le consulat.
Les autres conditions sont les mêmes qu’en France : un conjoint français au jour du mariage et resté français, une communauté de vie affective et matérielle jamais interrompue, un mariage transcrit, le niveau B2, l’absence de condamnation à six mois de prison ferme ou plus. Une seule exigence disparaît : le titre de séjour français, qui n’a pas de sens si vous vivez hors de France. Il reste interdit de faire l’objet d’un arrêté d’expulsion ou d’une interdiction du territoire français en vigueur. Toutes les conditions sont détaillées dans les conditions de la nationalité française par mariage.
À l’inverse, la naturalisation par décret n’est presque jamais possible depuis l’étranger. Elle suppose une résidence en France, y compris au moment de la signature du décret. Seules des situations exceptionnelles sont assimilées à une résidence en France par l’article 21-26 du Code civil, comme une activité exercée pour le compte de l’État français, et France Diplomatie rappelle que le Conseil d’État les interprète de façon très stricte.
2. 4 ou 5 ans : la règle du registre des Français établis hors de France
Pour la naturalisation par mariage à l’étranger, la règle du registre est la disposition de l’article 21-2 qui ramène de cinq à quatre ans la durée de mariage exigée, lorsque le conjoint français était inscrit au registre des Français établis hors de France pendant la vie commune à l’étranger.
| Situation | Durée exigée | Preuve à fournir |
|---|---|---|
| Résidence en France régulière et continue depuis au moins 3 ans après le mariage | 4 ans | Justificatifs de résidence régulière en France (titres de séjour, contrats, bulletins de salaire, factures) |
| Résidence à l’étranger, conjoint inscrit au registre pendant toute la vie commune hors de France | 4 ans | Certificat d’inscription du conjoint au registre des Français établis hors de France |
| Résidence à l’étranger sans inscription au registre, ou inscription interrompue | 5 ans | Aucune pièce supplémentaire, le délai de 5 ans s’applique |
| Résidence partagée entre France et étranger, moins de 3 ans en France, conjoint inscrit pendant les périodes à l’étranger | 4 ans | Preuves de résidence en France et certificat d’inscription couvrant les périodes à l’étranger |
Le consulat de Washington formule la règle à l’envers, comme la vivent les couples expatriés : il faut en principe être marié depuis cinq ans, durée « réduite à 4 ans si et seulement si » vous avez résidé trois ans en France depuis le mariage, ou si votre conjoint a été inscrit au registre pendant toute la vie commune à l’étranger et sans interruption. Il ajoute que « Ces durées sont cumulables ». La fiche F2726 confirme la combinaison : avec moins de trois ans en France, vous restez à quatre ans si votre conjoint était inscrit sur les registres consulaires pendant votre séjour à l’étranger.
Qu’est-ce que l’inscription au registre
L’inscription consulaire est l’enregistrement d’un Français qui s’installe plus de six mois à l’étranger auprès du consulat de son pays de résidence. Selon la fiche F33307 de service-public, elle n’est « pas obligatoire, mais vivement recommandée », elle est « gratuite et valable 5 ans », et elle se fait de préférence en ligne. Ne la confondez pas avec la plateforme Ariane, qui sert à signaler un voyage de moins de six mois : seule l’inscription au registre compte pour la règle des quatre ans.
Pendant toute la vie commune ou une partie
La loi parle de l’inscription pendant la communauté de vie à l’étranger, et les consulats la veulent continue : « sans interruption », écrit Washington, « sans discontinu, à compter de la date du mariage », écrit Beyrouth. Le piège est le renouvellement. L’inscription dure cinq ans au maximum ; si votre conjoint ne la renouvelle pas, ses données sont effacées un an après l’échéance et il doit se réinscrire comme la première fois. Une telle coupure peut vous faire basculer dans la règle des cinq ans, sauf si vous avez par ailleurs trois ans de résidence en France.
Deux exemples. Sophie, française, inscrite au registre à Boston depuis 2019 et renouvelée en 2024, épouse Daniel le 1er juin 2022 : ils peuvent déposer dès le 1er juin 2026. Linh et Julien se marient à Hô Chi Minh-Ville le 20 mars 2022, mais Julien ne s’est jamais inscrit : ils devront attendre le 20 mars 2027.
Vérifier son inscription
Votre conjoint se connecte à son espace personnel Service-Public.fr avec FranceConnect. Il y voit son consulat de rattachement et la durée de validité de son inscription, et peut télécharger le certificat d’inscription et de résidence, le relevé intégral d’inscription et la carte d’inscription consulaire. La pièce à joindre au dossier est le « certificat d’inscription du conjoint français au registre des Français établis hors de France » (7° de l’article 14-1 du décret 93-1362). S’il a été inscrit successivement dans plusieurs consulats, réunissez de quoi couvrir chaque période. Le calcul complet des délais figure dans le délai pour obtenir la nationalité française par mariage.
Source officielle : la fiche Inscription consulaire au registre des Français établis hors de France (F33307), vérifiée le 29 septembre 2025, explique l’inscription, le renouvellement et la consultation de son dossier.
3. Où déposer : consulat, ambassade, section consulaire
Le lieu de dépôt d’une naturalisation par mariage à l’étranger est le consulat de France, ou la section consulaire de l’ambassade, compétent pour votre lieu de résidence.
Service-public le dit en une phrase : « Vous devez déposer votre dossier auprès d’un consulat français. » Dans les pays qui comptent plusieurs consulats, comme les États-Unis, la Suisse ou l’Espagne cités par la fiche F33307, c’est votre circonscription qui détermine le poste compétent. Aux États-Unis, la notice de mars 2026 répartit ainsi les dossiers : le consulat général de Washington reçoit les résidents des circonscriptions d’Atlanta, Boston, Chicago, Miami, New York et Washington, celui de Los Angeles ceux de Houston, La Nouvelle-Orléans, Los Angeles et San Francisco.
Les modalités varient d’un poste à l’autre. Aux États-Unis, le dossier complet est envoyé par courrier, puis le consulat vous contacte pour fixer le rendez-vous une fois le dossier complet. À Beyrouth et à Casablanca, le dossier se présente lors d’un rendez-vous. Lisez toujours la notice du consulat compétent avant de constituer le dossier. Si vous vivez en France, la démarche se fait auprès de la plateforme de votre préfecture : voir où déposer en France.
Les tarifs de chancellerie en 2026
Les droits de chancellerie sont la somme payée au consulat pour la déclaration, à la place du timbre fiscal acheté en France.
| Dépense | Montant ou règle en 2026 | Source |
|---|---|---|
| Droits de chancellerie de la déclaration par mariage | 255 euros depuis le 1er mai 2026, au lieu de 55 euros | Arrêté du 28 avril 2026 (JO du 29 avril) ; article 958 du code général des impôts ; consulat de France aux États-Unis |
| Moment du paiement | Au consulat, lors du dépôt ou du rendez-vous | Fiche F2726 ; consulats des États-Unis et de Beyrouth |
| Moyen de paiement | Selon le poste : espèces, carte bancaire ou virement, en monnaie locale | Fiche F2726 ; Washington (carte de débit, en dollars) ; Casablanca (dirhams) |
| Timbre fiscal | Non, remplacé par les droits de chancellerie | Fiche F2726, situation « Vous vivez à l’étranger » |
| Inscription au registre consulaire | Gratuite | Fiche F33307 |
| Traductions, légalisations, test de langue | Non fixés par les textes, variables selon le pays et le prestataire | Aucun tarif officiel |
Le consulat de France aux États-Unis précise que le nouveau tarif de 255 euros « s’appliquera à tous les entretiens nationalité à compter du 1er mai 2026 » : pour ce poste, c’est la date de l’entretien qui compte. Méfiez-vous des listes de pièces plus anciennes : celle du consulat de Casablanca, datée du 22 janvier 2026, mentionne encore l’équivalent de 55 euros.
4. Mariage célébré à l’étranger : la transcription obligatoire
La transcription est l’inscription d’un mariage célébré par une autorité étrangère sur les registres de l’état civil français ; elle donne à ce mariage une existence dans l’état civil français.
Pour une naturalisation par mariage à l’étranger, ce n’est pas une formalité facultative. L’article 21-2 exige que le mariage célébré à l’étranger ait fait l’objet d’une « transcription préalable sur les registres de l’état civil français ». Sans transcription, le dossier n’est pas recevable, même après dix ans de vie commune. La notice de Washington distingue trois cas : mariage célébré à l’étranger et déjà transcrit, mariage célébré en France, mariage étranger non transcrit, qu’il faut faire transcrire avant de constituer le dossier.
La demande se fait auprès du consulat compétent pour le lieu de célébration du mariage, rubrique « État civil » de son site. Une fois la transcription faite, vous demandez une copie intégrale de l’acte de mariage français, en ligne sur service-public.gouv.fr comme le rappelle le consulat de Beyrouth. Cette copie doit dater de moins de trois mois et justifier d’un mariage d’au moins quatre ans au jour du dépôt. Aucune page officielle consultée ne publie de délai de transcription : lancez-la en premier. Elle vous servira aussi si vous vous installez un jour en France, car elle conditionne la carte de séjour « vie privée et familiale » du conjoint de Français.
5. Les pièces spécifiques depuis l’étranger
Les pièces d’une naturalisation par mariage à l’étranger sont celles de l’article 14-1 du décret 93-1362, complétées par les exigences propres à chaque consulat et par les formalités de légalisation du pays de résidence.
Voici ce qui distingue un dossier consulaire :
- le dossier en deux exemplaires, un original et une photocopie complète, avec deux formulaires cerfa 15277*04 originaux signés par les deux époux ;
- le certificat d’inscription du conjoint au registre des Français établis hors de France, si vous visez les quatre ans ;
- la preuve que votre conjoint était français le jour du mariage : la carte consulaire ou le passeport ne suffisent pas, et un certificat de nationalité française demande de 6 à 18 mois selon le consulat de Washington ;
- les justificatifs de communauté de vie : un document récent aux deux noms et un pour chacune des trois années précédentes à Washington, un certificat de résidence pour chaque époux et un justificatif par an sur cinq ans à Casablanca, un certificat du moukhtar à Beyrouth ;
- le casier judiciaire du pays de résidence et de chaque pays où vous avez vécu plus de six mois au cours des dix dernières années ; le consulat de Beyrouth précise que le casier français n’est pas à produire ;
- la traduction de chaque document en langue étrangère par un traducteur agréé, dont le consulat tient la liste, et la légalisation ou l’apostille selon le pays ;
- selon les postes, un CV et une lettre de motivation (en français à Washington, signée à Casablanca), la copie de toutes les pages du passeport (Beyrouth, Casablanca) et une enveloppe de retour (Washington).
Pour savoir si un document doit être légalisé ou apostillé, les consulats renvoient au tableau par pays publié par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. La liste générale des pièces est détaillée dans le dossier et les pièces à fournir, et un modèle commenté de lettre de motivation est proposé par questions-naturalisation.fr : lettre de motivation naturalisation.
Source officielle : la notice du consulat général de France à Washington, mise à jour le 21 mars 2026, est l’une des plus complètes ; elle cite encore le cerfa 1527703, alors que service-public et les consulats de Casablanca et de Beyrouth utilisent le 1527704.
6. L’entretien au consulat
L’entretien au consulat est l’entretien réglementaire prévu par l’article 15 du décret 93-1362, conduit hors de France par un agent consulaire, qui vérifie la communauté de vie du couple et l’assimilation du déclarant.
À l’étranger, l’enquête n’est pas confiée à la police ou à la gendarmerie : l’article 15 prévoit que les services diplomatiques ou consulaires procèdent aux mêmes vérifications, puis à l’entretien. Le rendez-vous est fixé une fois le dossier complet. La notice de Washington décrit l’étape du point de vue du demandeur : « Je suis reçu(e), avec mon conjoint français, au Consulat Général pour un entretien ». La liste de Casablanca est tout aussi claire : la présence des deux époux est obligatoire le jour de la souscription.
Le déroulé est le même qu’en préfecture. Vous présentez les originaux de vos documents d’identité et de vos actes d’état civil. Vous signez ensemble une attestation sur l’honneur certifiant que votre communauté de vie n’a pas cessé depuis le mariage. L’agent apprécie votre adhésion aux valeurs de la République, sans examen civique. Les droits de chancellerie se règlent en général ce jour-là. Un récépissé vous est remis à la fin : c’est lui qui fait courir le délai d’un an.
Les entretiens à distance ? Aucune page officielle consultée au 9 octobre 2026 ne prévoit d’entretien en visioconférence pour la déclaration par mariage. Prévoyez de vous déplacer tous les deux, parfois loin si votre circonscription est vaste. Les thèmes abordés sont décrits dans l’entretien de naturalisation par mariage, et le Guide de l’entretien de naturalisation par mariage vous aide à le préparer à deux, y compris dans le cas d’un couple qui vit hors de France.
7. Justifier le B2 depuis l’étranger
Justifier le niveau B2 depuis l’étranger, c’est produire l’un des justificatifs de l’arrêté du 22 décembre 2025 obtenus hors de France, avec les mêmes exigences qu’en préfecture.
Les justificatifs admis sont identiques : un diplôme français de niveau 3 ou plus ou le brevet, un DELF B2 ou un DALF, ou un test TCF IRN ou TEF IRN de moins de deux ans avec un niveau global B2 sur les quatre épreuves, ou une dispense médicale sur le modèle réglementaire. Ces tests se passent dans des centres agréés hors de France. Le consulat de Casablanca oriente par exemple vers l’Institut français pour le DELF, le DALF et le TCF IRN, et la notice de Washington renvoie à la liste des centres de France Éducation international.
Les refus sont les mêmes aussi : tests « tout public », « Québec » ou « Canada », diplômes délivrés dans un pays francophone, attestations Enic-Naric. L’ambassade de France au Canada a rappelé que ces dernières ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2026 et que les titulaires d’un diplôme francophone doivent passer un TCF ou un TEF. Pour les dossiers à cheval sur deux années, l’ambassade de France au Viêt Nam précise qu’un dossier complété seulement en janvier 2026 exige un justificatif B2. Choisissez votre justificatif avec le niveau de français B2 exigé depuis 2026 et TCF IRN ou TEF IRN : quel test choisir.
8. Délais et suivi depuis l’étranger
Le délai d’instruction d’une naturalisation par mariage à l’étranger, souscrite au consulat, est le même qu’en France : un an à compter du récépissé pour refuser l’enregistrement, deux ans si une procédure d’opposition est engagée.
Après l’entretien, le consulat transmet votre dossier au ministère chargé des naturalisations, avec un avis motivé, « dans un délai de 6 mois » suivant la souscription, selon la fiche F2726. La sous-direction de l’accès à la nationalité française (SDANF), installée à Rezé près de Nantes, prend la décision et peut demander une enquête complémentaire. La notice de Washington résume : le ministère a un an à compter de l’entretien pour se prononcer. Attention à la phase précédente : un dossier qui reste incomplet trois mois est retourné et classé sans suite.
Pour suivre votre demande ou envoyer une pièce, service-public renvoie au courriel de la SDANF : sdanf-accueil@interieur.gouv.fr. Si la déclaration est enregistrée, c’est votre consulat qui vous remet un exemplaire portant la mention de l’enregistrement. Une déclaration n’est jamais publiée au Journal officiel. La procédure de suivi est détaillée dans suivre sa demande de nationalité par mariage.
9. Retour en France pendant la procédure ou après
Rentrer en France pendant une naturalisation par mariage à l’étranger ne change pas les règles de fond, puisque les conditions s’apprécient à la date de souscription, mais cela vous oblige à prévenir le consulat et à régulariser votre séjour.
Pendant la procédure, la fiche F2726 est formelle : « Vous devez impérativement signaler au consulat tout changement de situation survenu après l’envoi ou le dépôt de votre demande », qu’il s’agisse d’un déménagement ou d’un divorce. Le consulat vous indiquera comment votre dossier se poursuit. La durée de mariage retenue reste celle du jour de la souscription, mais la communauté de vie doit continuer. Tant que vous n’êtes pas français, votre séjour en France repose sur un visa ou une carte de séjour « vie privée et familiale » de conjoint de Français, qui suppose elle aussi un mariage transcrit : voir les droits du conjoint étranger d’un Français.
Après l’enregistrement, vous êtes français à la date de souscription. Si vous êtes né à l’étranger, votre acte de naissance français est établi par le service central d’état civil du ministère des Affaires étrangères, à Nantes, et peut être demandé en ligne. Vous pouvez alors demander un passeport et une carte d’identité, et vous inscrire vous-même au registre des Français établis hors de France si vous restez à l’étranger. La cérémonie d’accueil est organisée par l’autorité consulaire si vous vivez à l’étranger, par la préfecture si vous vivez en France : voir la cérémonie d’accueil et les démarches après l’enregistrement.
Source officielle : la fiche Nationalité française par mariage (F2726), situation « Vous vivez à l’étranger », vérifiée le 1er mai 2026, décrit le dépôt au consulat, l’entretien, le délai d’un an et la remise de la déclaration enregistrée.
10. Pays fréquents : États-Unis, Vietnam, Brésil, Haïti, Sénégal, Maroc, Algérie
Les conditions de la naturalisation par mariage à l’étranger sont les mêmes dans tous les pays, car elles viennent du Code civil français ; seules changent les modalités du consulat et les formalités d’état civil du pays. Voici les pays d’où proviennent le plus de recherches vers ce site, et ce qu’il faut y savoir.
États-Unis. Le dossier part par courrier au consulat général de Washington ou de Los Angeles selon votre circonscription. Tous les actes américains doivent être apostillés. Le seul casier judiciaire admis est le relevé fédéral délivré par le FBI, apostillé et traduit par un traducteur professionnel. La notice demande un CV et une lettre de motivation en français, et les droits se règlent en dollars par carte de débit.
Vietnam. L’ambassade de France au Viêt Nam a publié dès janvier 2026 les règles de passage au B2 pour la nationalité par mariage. Les actes vietnamiens doivent être traduits par un traducteur agréé et, le cas échéant, légalisés selon le tableau du ministère des Affaires étrangères. Un diplôme vietnamien ne prouve pas le niveau de français : passez un TCF IRN, un TEF IRN, un DELF B2 ou un DALF.
Brésil. Les actes rédigés en portugais doivent être traduits par un traducteur agréé figurant sur la liste du consulat, et légalisés ou apostillés selon le régime applicable au Brésil. Vérifiez la circonscription consulaire de votre ville avant d’envoyer quoi que ce soit, et faites transcrire votre mariage brésilien en premier.
Haïti. Les actes rédigés en français n’ont pas à être traduits, puisque la traduction ne vise que les documents en langue étrangère ; ils restent soumis aux règles de légalisation ou d’apostille applicables. En revanche, un diplôme haïtien, même obtenu en français, ne vaut pas justificatif de langue : les diplômes délivrés dans un pays francophone sont refusés depuis 2026.
Sénégal. Même logique pour les actes en français et pour les diplômes, qui ne remplacent pas un TCF IRN, un TEF IRN, un DELF B2 ou un DALF. Le Sénégal fait partie des pays où la déclaration pèse le plus : en 2025, elle a représenté 17,2 % des acquisitions de la nationalité française par des Sénégalais, selon le ministère de l’Intérieur. La Côte d’Ivoire est dans la même situation, avec 16,9 %.
Maroc. La liste du consulat de Casablanca, datée du 22 janvier 2026, demande notamment une fiche anthropométrique marocaine de moins de trois mois, un certificat de résidence pour chaque époux, un justificatif de domicile par an sur les cinq années précédentes, un CV et une lettre de motivation signée. Les documents en arabe sont traduits par un traducteur agréé près les juridictions, la présence des deux époux est obligatoire le jour de la souscription et les droits se paient en dirhams, au tarif de 255 euros depuis le 1er mai 2026.
Algérie. Les actes en arabe doivent être traduits par un traducteur agréé et, selon le cas, légalisés. Le casier judiciaire algérien fait partie des pièces si vous y avez vécu plus de six mois au cours des dix dernières années. En 2025, la déclaration a représenté 27,0 % des acquisitions de la nationalité française par des Algériens, la part la plus élevée après les Russes. La double nationalité n’est pas un obstacle côté français : l’article 21-27-1 du Code civil vous demande seulement de déclarer les nationalités que vous possédez et conservez.
Et ailleurs ? Au Canada, l’ambassade a rappelé la fin des attestations Enic-Naric. Au Liban, le consulat de Beyrouth reçoit sur rendez-vous et impose une chaîne de légalisation des actes libanais. En Belgique ou en Suisse, la procédure française est identique ; vous n’avez pas à connaître le droit belge ou suisse de la nationalité pour déclarer la nationalité française. Partout, la règle d’or est la même : lisez la notice du consulat compétent, faites transcrire le mariage, vérifiez le registre, puis passez le test de langue.
Conclusion
La naturalisation par mariage à l’étranger est non seulement possible, mais prévue par la loi : vous souscrivez votre déclaration au consulat de votre lieu de résidence, vous y passez l’entretien avec votre conjoint, et le ministère a un an pour se prononcer, comme en France. Ce qui change, c’est le calendrier : cinq ans de mariage par principe, quatre si votre conjoint a été inscrit sans interruption au registre des Français établis hors de France ou si vous avez vécu trois ans en France. Commencez par les deux démarches qui conditionnent tout, la transcription du mariage et la vérification du registre, puis le test B2. Prévoyez 255 euros de droits de chancellerie depuis le 1er mai 2026, et préparez l’entretien à deux : au consulat comme en préfecture, c’est lui qui donne un visage à votre dossier.
Questions fréquentes
Peut-on demander la nationalité par mariage en vivant à l'étranger ?
Comment savoir si mon conjoint est inscrit au registre ?
Notre mariage a été célébré à l'étranger : que faire d'abord ?
Peut-on passer le test de français à l'étranger ?
L'entretien a-t-il lieu au consulat ?
Combien coûte la déclaration au consulat ?
Le délai est-il plus long depuis l'étranger ?
Les règles changent-elles selon le pays ?
Faut-il rentrer en France pour la cérémonie ?
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Sources officielles
- Code civil, articles 21-1 à 21-6 : acquisition de la nationalité à raison du mariage (Légifrance)
- Nationalité française par mariage, fiche F2726, situation « Vous vivez à l'étranger » (service-public.gouv.fr)
- Inscription consulaire au registre des Français établis hors de France, fiche F33307 (service-public.gouv.fr)
- Notice d'information du consulat général de France à Washington, mise à jour du 21 mars 2026 (us.diplomatie.gouv.fr)
- Droits de chancellerie des demandes de nationalité au 1er mai 2026 (La France aux États-Unis)
- Liste des pièces de la déclaration par mariage, consulat général de France à Casablanca (ma.diplomatie.gouv.fr)
- Le niveau B2 devient obligatoire pour la nationalité au titre du mariage (ambassade de France au Canada)
- Rehaussement du niveau de langue pour la nationalité par le mariage (ambassade de France au Viêt Nam)
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